Mères célibataires à Ouagadougou:héroïnes et piliers de demain
Le soleil se lève sur Ouagadougou, et déjà les rues s’animent. Dans le quartier de Tampouy, Awa, 32 ans, prépare ses deux enfants pour l’école. Elle est mère célibataire depuis cinq ans, depuis que son mari est parti sans laisser d’adresse. Chaque matin, son quotidien est une course contre la montre : préparer le petit-déjeuner, habiller les enfants, puis enfourcher sa moto pour rejoindre son étal de légumes au marché de Sankaryaré.
Awa devant son étables de legumes
La force invisible des mères célibataires
Awa n’est pas un cas isolé. Dans les marchés, les ateliers de couture, les petits commerces de quartier, elles sont nombreuses à porter seules le poids de la maternité. « On nous appelle mères courage, mais peu savent ce que cela signifie vraiment », confie-t-elle. Entre les dettes, les frais de scolarité et les soins médicaux, chaque franc CFA est compté. Pourtant, elle refuse de céder au découragement : « Mes enfants sont ma raison de me battre. »
Le poids du regard social
Être mère célibataire au Burkina, c’est aussi affronter les jugements. Mariam, 27 ans, raconte les murmures dans son quartier : « On dit que j’ai échoué, que je n’ai pas su garder mon mari. Certains me regardent comme si j’étais une honte. » Dans une société où la famille traditionnelle reste la norme, les mères seules sont souvent stigmatisées. Mais Mariam a choisi de transformer cette douleur en énergie : elle s’est lancée dans la vente de beignets, et chaque soir, elle rentre avec quelques billets qui assurent le repas de ses enfants.
Mariam ,la vendeuse de beignets
La solidarité discrète
Face aux difficultés
Ces femmes inventent des réseaux de soutien. Awa et Mariam se retrouvent chaque samedi dans une association locale qui regroupe des mères célibataires. Elles y partagent leurs expériences, leurs astuces pour gérer le quotidien, et parfois même leurs économies pour aider l’une d’entre elles en détresse. « Quand l’une tombe malade, les autres prennent le relais. C’est notre famille de cœur », explique Awa.
Entre rêves et réalités
Leur vie est faite de contrastes : la fatigue des journées interminables, mais aussi la fierté de voir leurs enfants progresser à l’école. Mariam rêve que sa fille devienne médecin. Awa espère que son fils, passionné de mécanique, ouvrira un garage. Ces rêves sont leur moteur, leur horizon.
Une histoire de résilience .
Dans les rues de Ouagadougou, les mères célibataires incarnent une resilience . Elles affrontent les stigmates, les difficultés économiques et l’absence de soutien institutionnel. Mais elles avancent, jour après jour, avec une détermination qui force le respect.
« On croit que nous sommes faibles parce que nous sommes seules. Mais en réalité, nous sommes plus fortes que jamais. Chaque jour, nous prouvons que l’amour d’une mère peut tout surmonter. »
Les mères célibataires de Ouagadougou sont bien plus que fortes que la société le pense car elles incarnent une force discrète, une résilience quotidienne et une solidarité qui défie les stigmates. Leur combat pour offrir un avenir meilleur à leurs enfants révèle une vérité essentielle : derrière chaque histoire de solitude se cache une leçon de courage collectif. Ces femmes rappellent que la maternité, même vécue seule, n’est pas une fin en soi .
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