L’économie du marché de pissy portée par les femmes

Au marché de Pissy, les femmes ne sont pas de simples vendeuses derrière leurs étals mais des moteurs. Majoritaires dans le commerce de détails et en gros elles assurent l’approvisionnement quotidien en légumes, poisson, vêtements et produits de première nécessité. Leur activité ne se limite pas à la transaction marchande : elle structure l’économie locale, soutient des milliers de foyers et façonne la dynamique sociale du marché.Nous  nous sommmes rendus ce mardi sur les lieux. 

 Dans le marché de pissy: des parcours féminins inspirants
 
 Dans les allées animées et encombrées du marché de Pissy, nous avons rencontré deux femmes afin de comprendre ce qui les a motivées à se lancer dans la vente. Nikiema Alimata, 42 ans, est vendeuse de légumes depuis plusieurs années. Dès l’aube, elle se lève pour réceptionner ses marchandises en provenance de Kombissiri et de Koubri, qu’elle dispose soigneusement sur son étal. Tomates, oignons, choux, courgettes, aubergines, gombos et piments composent son quotidien. Tout au long de la journée, Alimata jongle entre ses clients et ses enfants qu’elle garde à proximité, preuve de sa capacité à concilier commerce et vie familiale. Pour elle, ce travail est bien plus qu’un gagne-pain : il lui permet de subvenir aux besoins de sa famille, d’assurer la scolarité de ses enfants et de leur offrir l’espoir d’un avenir meilleur.
              Le tas de légumes de Nikiéma Aminata 

 À quelques pas de là, Mariam, jeune commerçante de 24 ans, s’est spécialisée dans la vente de tomates et concombres.Elle pratique la vente en gros comme au détail : « En détail, les prix commencent à partir de 100 francs pour la tomate et 50 francs pour la concombre et en gros, le tas est à 500 pour la tomate et 250 pour la concombre », confie-t-elle. Malgré la hausse des prix et la rareté du produit, Mariam parvient à soutenir ses parents grâce aux revenus de son commerce, démontrant qu’avec volonté et persévérance, même les jeunes peuvent bâtir leur autonomie. Ces d’eux portraits révèlent le dynamisme des femmes et que derrière chaque produit vendu se cache une femme qui porte une histoire de de courage et de détermination.
                         Mariam et son étal de marchandise 

 Comment concilient-elles commerce et vie familiale? 


 Le quotidien de ces commerçantes est une course contre la montre. Elles travaillent de longues heures, souvent dans des conditions difficiles, tout en assumant la gestion du foyer. La double charge économique et familiale illustre la place centrale qu’elles occupent dans la société burkinabè. Elles sont à la fois entrepreneures, mères, éducatrices et gestionnaires. Cette polyvalence, loin d’être reconnue à sa juste valeur, constitue pourtant l’un des piliers de l’équilibre social. Leur rôle dépasse le cadre économique : elles participent à la cohésion sociale. Dans les marchés, elles créent des réseaux de solidarité, s’entraident pour la garde des enfants, partagent des informations sur les prix ou les fournisseurs. Cette dynamique collective renforce leur position et leur donne une voix dans la communauté. 

 Les chiffres qui parlent. 

Les femmes, majoritaires dans le commerce burkinabè Les chiffres confirment cette réalité. Selon les statistiques nationales, plus de 60 % des acteurs du commerce de détail au Burkina Faso sont des femmes. Leur participation est essentielle non seulement pour l’économie informelle, mais aussi pour la sécurité alimentaire et la circulation des biens de première nécessité. À Pissy, comme dans plusieurs marchés elles sont nombreuses à s’adonner à plusieurs activités afin de prendre soin de leur famille ,sans elles, le marché perdrait son dynamisme et sa vitalité. Elles assurent la disponibilité des produits, régulent les prix par leur présence massive et garantissent l’accès aux biens de consommation courante. Leur rôle est donc stratégique, même si souvent invisibilisé dans les discours économiques officiels. Les commerçantes de Pissy ne sont pas de simples vendeuses. Elles sont les gardiennes de l’économie quotidienne, les mains féminines qui nourrissent le marché et, par extension, des milliers de familles. Valoriser leur rôle, leur offrir des formations adaptées et des soutiens financiers, c’est investir dans l’avenir du commerce burkinabè. Leur travail mérite reconnaissance et accompagnement. 


  Suivez le témoignage de Nikiema Alimata:

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